rituels

Rituels et petits gestes : donner du sens après la perte

December 24, 20253 min read

Quand quelqu’un meurt, le monde continue — mais pas pour nous.
On avance dans un paysage qui a changé de contour, de couleur, de température.
Et dans ce chaos intérieur, les rituels deviennent parfois des points d’accroche.
Des gestes simples, minuscules, mais qui disent :

« Quelque chose en moi continue de te reconnaître. »


Pourquoi a-t-on besoin de rituels ?

Parce que la mort est brutale.
Parce qu’elle ne laisse rien à faire.
Parce qu’elle nous place devant un vide si immense qu’on ne sait plus où déposer nos mains, nos pensées, notre chagrin.

Le rituel vient donner forme à ce qui n’en a plus.
Il n’explique rien.
Il n’apaise pas tout.
Mais il relie.

Il relie le vivant à l’absent,
le geste à l’émotion,
la mémoire au présent,
le cœur au monde.


Les rituels ne soignent pas : ils rassemblent

Ce n’est pas une méthode.
Ce n’est pas une pratique sacrée réservée à ceux qui “y croient”.
Le rituel, au fond, c’est un mouvement.

Un mouvement vers l’autre.
Un mouvement vers soi.
Un mouvement pour tenir debout quand tout chancelle.

Ce peut être une bougie.
Un cahier.
Une marche.
Une photo déplacée sur un buffet.
Un objet gardé au fond d’une poche.

Des gestes qui semblent insignifiants, mais qui portent en eux une fonction invisible :
celle de permettre au lien de continuer autrement.


Quelques gestes qui soutiennent

Il n’existe pas de bon rituel.
Seulement des gestes qui résonnent.

En voici quelques-uns — à prendre ou à laisser selon ce qui parle :

  • Allumer une bougie quand la journée est lourde.

  • Écrire une lettre à la personne perdue, sans la relire.

  • Créer un petit coin mémoire : une photo, une pierre, un objet.

  • Préparer une recette qu’elle aimait, une façon de continuer la transmission.

  • Planter quelque chose : une plante, un arbre, une graine.

  • Faire une marche dédiée — une marche “avec” l’autre.

  • Mettre une musique qui relie, juste quelques minutes.

  • Déposer un mot ou un dessin là où on en ressent le besoin.

Ces gestes ne sont pas là pour remplacer l’absence.
Ils sont là pour l’apprivoiser, pour lui donner un espace qui ne déborde pas tous les jours.


Les rituels, ce sont aussi les mots du quotidien

Il existe des rituels silencieux :
réarranger la maison différemment,
continuer une habitude commune,
s’accorder chaque soir un moment de souffle.

Et il existe des rituels qui prennent forme dans la parole :

  • « Aujourd’hui, tu m’as manqué. »

  • « Je continue. »

  • « Je ne t’oublie pas. »

Ce ne sont pas des incantations.
Ce sont des balises.
Elles aident le cœur à comprendre que la vie et la perte peuvent coexister.


Le sens ne revient pas d’un coup.

Il se reconstruit par fragments.

Un geste, un souvenir, un souffle.
Puis un autre.
Puis un jour, un moment de douceur inattendu.

Les rituels ne promettent rien.
Ils offrent seulement un chemin.
Un chemin humble, modeste, patient.

Parce qu’après une perte, on n’a pas besoin de grandes solutions.
On a besoin de gestes qui tiennent chaud.


Rachel, alias Airgie

Rachel Jungbluth

Fondatrice de Sanaé

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