deuil professionnel

Le deuil professionnel : une réalité encore peu nommée

March 18, 20263 min read

Quand on parle de deuil, on pense presque toujours aux proches. La famille. Les amis. Les personnes qui partageaient la vie du défunt. C’est la représentation la plus connue du deuil : celle qui concerne l’entourage intime.

Pourtant, lorsqu’une personne meurt, il n’y a pas seulement les proches. Il peut aussi y avoir des professionnels.

Des personnes dont c’est le métier d’être là : avant la mort, au moment de la mort, ou juste après.

Soignants, pompiers, policiers, gendarmes, personnels funéraires, thanatopracteurs … et bien d’autres encore.

Dans certains métiers, la mort apparaît ponctuellement. Dans d’autres, elle fait partie du paysage professionnel.

Et pourtant, on parle très peu de ce que vivent les professionnels lorsque la mort entre dans leur travail.


Qu’est-ce que le deuil professionnel ?

Pour comprendre ce que pourrait être le deuil professionnel, il faut peut-être revenir à une question simple : qu’est-ce qu’un deuil ?

On l’associe souvent à la perte d’un proche, à une relation d’attachement.

Mais on peut aussi le regarder autrement.

Un deuil, c’est ce que vivent les vivants après la mort de quelqu’un.

À partir du moment où une mort survient, il y a des vivants autour de cet événement.
Certains sont des proches, d’autres sont des professionnels.

Le deuil professionnel naît dans ces situations où la mort survient dans un cadre de travail.

Il ne dépend pas forcément d’un attachement personnel à la personne décédée.
Il dépend du fait que le professionnel se trouve impliqué, par son métier, dans une situation où la mort survient.


Une expérience qui n’est pas forcément un traumatisme

Parler de deuil professionnel ne signifie pas que les professionnels vivent nécessairement des situations traumatiques. La plupart du temps, il ne s’agit pas de cela.

Le deuil professionnel n’est pas forcément un choc. Il n’est pas forcément une souffrance. Il peut être discret, parfois presque imperceptible.

C'est simplement une réalité. Lorsque la mort entre dans le travail, les professionnels vivent eux aussi une expérience humaine liée à cet événement.


Continuer malgré la mort

Une particularité du deuil professionnel tient à une réalité simple : la contrainte de continuité.

Dans un service de soins, un autre patient arrive. Dans un Ehpad, le service se poursuit. Chez les pompiers ou les policiers, une autre intervention peut suivre.

La mort survient, mais l’activité professionnelle ne s’arrête pas.

Les proches peuvent suspendre leur quotidien un temps. Le professionnel, lui, doit généralement continuer.

Cette contrainte de continuité est une caractéristique forte de ce que l’on peut appeler le deuil professionnel.


Une réalité souvent silencieuse

Dans beaucoup de métiers confrontés à la mort, il existe aussi un message implicite : il ne faut pas trop s’attacher.

Cette distance est souvent présentée comme une manière de se protéger.

Mais elle peut aussi conduire à autre chose : un certain silence autour de ce qui est vécu. Or l’émotion n’est pas forcément un problème. Ce qui peut devenir plus difficile, c’est lorsqu’il n’existe aucun espace pour la reconnaître ou en parler.


Nommer pour mieux comprendre

Le deuil professionnel n’est pas forcément un problème à résoudre. C’est avant tout une réalité qui existe dans certains métiers.

Nommer cette réalité ne vise pas à dramatiser ce que vivent les professionnels. Il s’agit plutôt de reconnaître une expérience humaine particulière : celle de travailler dans un monde où la mort peut survenir.

Mettre des mots sur cette expérience permet parfois simplement de mieux la comprendre, et de lui faire une place dans les pratiques professionnelles.

Rachel, alias Airgie

Rachel Jungbluth

Fondatrice de Sanaé

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